22.10.15

Deuxième épreuve!Nynashamn

On croyait avoir payé notre tribut à Neptune la semaine dernière.
Cette fois encore, pour le retour, nous prenons 3 météos. Les gribs par l'excellent Weather 4D Pro, le Navtex qui marche en permanence, et le Windfinder. Pas de Gale Warning sur zone, et rien ,suivi de SW montant jusqu'à 25 à 30 Kt dans les rafales; C'est jouable, d'autant que la mer était d'Est et donc sera plate au début.

1-Et çà commence pianissimo. Un festival des beautés de la Nature.
-D'abord, après un ciel magnifique et du soleil (si!) tout d'un coup un froid tombe et donc un imposant brouillard qui nous cache la sortie. Il repart aussi vite qu'il est arrivé.



-Ensuite une symphonie de couleurs des arbres, un camaïeu de verts aux jaunes en passant par les marrons, fantastique sous la lumière.

-enfin un ballet aérien de nombreux oiseaux posés sur l'eau devant le bateau, qui s'envolent en escadrilles et se séparent en différents genres pour faire de superbes figures et se poser à nouveau plus loin.
HLM à cormorans

Nous sortons même le gennaker, pour profiter de la dernière brise d'est,accompagné par le régulateur . Comme prévu , le vent tombe, se cherche, puis repart du S puis SW doucement. Moteur, le régulateur à l'arrèt.

oui, le genanker marche aussi en ciseau!

le ciel vers l'est

2-çà devient forte puis fortissimo. A 22 heures la Puce dépasse les 9 à 10 noeuds , ce n'est pas raisonnable pour la nuit même s'il y a de l'eau à courir et pas de cargos. Nous commençons l'effeuillage de Cybèle: réduire le génois, puis d'un seul coup 2 ris.J'estime le vent à plus de 25 noeuds.
Mais çà continue de monter, pointes à 13,2 noeuds, record du bateau, et couramment 11. Troisième ris, çà monte encore, mon pifomètre (pour juger le vent ) se met en panne, d'autant que nous sommes au portant et que j'ai bonnet et capuche . On affale complètement la GV, et on roule encore le génois. Je ne mets pas la trinquette car je préfère tirer sur le màt en tète.


Dans la nuit , la mer commence à grossir extrèmement vite, le pilote Raymarine qui marchait à merveille dans ce gros temps consomme un gouffre d'électricité, obligeant à ajouter du moteur. Je finis par prendre la barre, d'abord pour le fun, ensuite pour la sécurité. Impossible de remettre le régulateur car il faudrait descendre sur la plage arrière qui est souvent noyée par les vagues.
Les cargos arrivent, et des pécheurs en plus: le traceur est très animé. Nous décidons de ne pas essayer de rentrer à Södertalje et de bifurquer vers Nynashamn. Je barre pendant que la Puce trace les points de route sur l'Ipad et me les envoie par Wifi, très pratique.

3-Qu'y a-t'il après fortissimo? Furioso est faible. La mer gronde derrière moi et déferle, mais Cybèle va plus vite que la vague, et marsouine gràce à l'absence de dérive. Quelle merveille! Si cela ne finissait pas par durer beaucoup.
Et une aube sinistre et grise se lève, nous permettant hélàs de voir la mer, qui est vraiment mauvaise. On embarque 3 crètes déferlantes mais on file.2 empannages de génois, puis une accalmie passagère de la mer par une protection par les iles Gunnarssternarna, puis les premières bouées de Nynashamn.
Et nous arrivons sans casse.Fin de l'épisode, rangement sommaire et dodo à 10 heures 30.
Bien sùr impossible de prendre des photos de nuit, qui ne donnent jamais rien. 
Au total, une galère peut toujours en cacher une autre.Il nous reste une soixantaine de milles à courir avant le WasaHamnen...et il faut que je vérifie la tringlerie de la barre à roue, qui a beaucoup travaillé.
Ce texte est écrit à chaud , je livre simplement mes impressions. Maintenant la vie va reprendre son cours...

2 commentaires:

paulet a dit…

Mais pourquoi subir pluie vent, froid et navigations périlleuses quant d'autres terrains de jeux existent. Je parts rejoindre mon océanis 43 dans 15 jours en Guadeloupe où la température de l'eau et de l'air n'aura rien de comparable! "La misère est moins triste au soleil"On rencontre beaucoup d'Ovni dans les caraïbes et Cybelle y serait très bien.....
Edouard

Les Voyages de Cybele a dit…

Edouard, je ne subis pas, je choisis. ce n'est pas la misère, et à plus de 25° je crève. Les Bretons pure souche sont indécrottables...
François sur Cybèle 17