Vendredi 12 soir:
Plantons le décor.il est 20 heures, je suis dehors
avec l'Ipad et son clavier, devant le charmant petit port de
Aeroskobing, le soleil baisse lentement, et se mire dans un petit verre
de vieux rhum sur la table du cockpit. Il fait encore chaud, mais
supportable . Les bateaux continuent d'arriver car c'est une des
destinations favorites des Danois. Très peu d'oiseaux car il n'y a plus
beaucoup de poissons. Mais cet après-midi nous avons croisé une escadre
de cygnes au repos dans un haut-fond entre deux iles.
Je reviens sur le récit de notre aventure. Je vous ai laissés à Kiel,
au port de plaisance de Durstenbrok, où nous avons trouvé un accueil
remarquable, un ponton d'honneur à l'entrée juste pour nous, des
Allemands sympa : Yorn et Anna, au point de nous accompagner en voiture au super-marché
pour faire notre plein. Nous avons récupéré notre petit-fils à l'avion
de Hambourg: Valérie a pris un taxi puis un car pour l'aéroport, puis
est revenue par le mème moyen. J'ai pu trouver dans un schpichandler (à 4
km en vélo...) les pavillons de courtoisie* du Danemark et de la Suède
qui nous manquaient.
Mardi 9 juillet, nous partons pour le port de
Strande, à la sortie du Kieler Förde pour trouver du gasoil pas trop
cher (1,578 le litre) mais avec une pénalité de 4,52 euros pour paiement
par carte. Devinez? mais ne riez pas:nous avons vidé la cuve. Mais le pompiste charmant
nous a donné plein de détails, des idées de mouillage, et une carte de
Wifi gratos de 1/4 d'heure. Nous partons prendre un mouillage forain un
peu plus loin, par 1 m de fond. J'en ai profité pour étalonner le
sondeur à la main: il a un pied de pilote de 50 cm.
Mercredi 10 départ à 05.45 heures pour revenir à la pompe, finir le plein
comme convenu avec le pompiste. Puis nous partons, ou plutôt je pars
tout guilleret pour Bagenkop à 35 nautiques de là , avec 15 Kn de vent,
puis 20 puis rafales à 25, avec deux ris et la trinquette, pendant que
Valérie administre les derniers sacrements au chat et soulage l'anxiété
du petit Tom avec une Nautamine qui le fera dormir; Pour moi c'est le
premier jour des vraie navigation à la voile depuis longtemps. Nous
sommes au petit largue, à 7 Kn de vitesse fond, sur la ligne des cargos
qui rentrent à Kiel. Arrivée sur les chapeaux de roue à Bagenkop : pas
de place. Nous nous garons à bord extérieur du quai de l'entrée, et
attendons la sortie des derniers bateaux. à 11 H 30 un "gros" nous
laisse une place à quai, et nous la prenons. En fait les bateaux ne vont
cesser d'arriver toute la journée, et à la fin le port sera plein à
craquer: je porterai 3 autres bateaux à couple, et il y en aura 5 à
couple derriére moi. Paiement du port avec un automate qui délivre un
ticket coloré à coller dans le gréement. Les habitués ont une petite
planchette à l'avant , où ils collent tous les reçus de paiement. Je
vais vous faire mal, du moins à ceux qui naviguent: la nuit à 27,49
euros couvre éléctricité , eau, WC, douches, lavage linge... et internet
(faible) . Nous sommes accueillis par Kerstin, femme sympa navigant
avec ses filles sur un beau voilier, et qui nous donne de précieux
conseils sur la suite. Le harbour master se coupe en 4 pour nous aider:
il nous prète une remorque pour l'atteler à mon vélo pour transporter
Tom, et nous donne une "idée de ballade". Traduisez des côtes qui
m'obligent à mettre pied à terre au risque de péter une durite, alors
que Tom Nabab secoue l'engin pour aller plus vite.
Jeudi 11 on reste au port : le vent a faibli, on s'essaie pour la
première fois à rentrer entre deux pieux écarté de 4,40 m alors que je
fais 4,28 m de large. Bien accueillis par nos voisins sympa allemands
qui viendront visiter le bateau. Pendant que Valérie va à la plage avec
Tom en vélo (celui de Tom étant prèté par les voisins), je démonte
entièrement le Lazy-bag décousu et déchiré par la prise de ris difficile
. 4 heures de couture manuelle au Speedy Stitcher, petite merveille
Américaine. Le soir, après le repas, petit concert improvisé par des
jeunes avec des Cuivres sur la tour qui domine la Marina. Soleil
couchant superbe. Mais le vent se lève, su Sud-est force 5.
Vendredi, Caliméro prend une douche. Je rentre dans une vraie salle
de bains, gratuite, plus grande que à Brest, avec un robinet double
mitigeur: douche froide. Damned! je souffre en silence, commence à me
sécher, jusqu'au moment où j'avise un bouton discret marqué: "Press for
warm water"! et je recommence! c'est plus confortable...
Premier départ
d'entre les pieux: tout était prèt, le voisin nous aide gentiment, et au
moment où je sors, une vielle caisse à boulons (traduisez un bidet à
moteur) qui faisait des essais de moteur, se met juste derrière nous. Le
vent contraire nous rabat sur les pieux, qui ont dù avoir mal avec
notre coque. Nous partons à la voile, puis avisons une anse avec 1 m de
fond. Précisons que je n'ai plus la carte de mon Ipad préféré, car le
Danemark ne fait pas partie de l'Europe pour Navionics. Nous allons
tester le fond avec la dérive, et nous arrètons en plein milieu de nulle
part pour baignade de Tom , repas et sieste. Puis nous repartons voile
puis moteur pour arriver ce soir à Aeroskobing. Non sans un échouement
** car il faut mériter notre réputation de rase- motte. Voila, le soleil
va s'effacer derrière l'horizon, je vais mettre tout çà sur le net, et
nous pensons bien à vous tous, présents ou partis. Bises
.
*pavillon de courtoisie: pavillon du pays visité, arboré aux barres
de flèche tribord sur notre bateau , alors que notre pavillon national
est à l'arrière. Bien sùr le pavillon breton, le vieux, pas le gwen ha
du, est aux barres de flèches babord.
* *Echouement= involontaire, opposé à Echouage, qui est volontaire
PS je viens de télécharger la carte du Danemark pour l'Ipad, une merveille!