29.8.14

Haapsalu

Vendredi 29,

Nous partons très tôt pour Haapsalu, qui a l'air intéressant . Trajet de 70 milles sans histoire jusqu'au passage entre la terre et l'ile de Vormsi, passage où les fonds sont de moins de 3 mètres, et aucun balisage marqué sur le traceur Raymarine. Heureusement les bouées sont en très grand nombre et l'Ipad précis. Le circuit est un peu contourné, mais maintenant nous faisons une confiance totale au balisage. nous arrivons à ce port, ancien port de pêche, tombé en déclin car la mer est de plus en plus loin, même phénomène que pour Tallinn: l'envasement progressif est inéluctable, et oblige à entretenir un petit chenal dragué.

Le port est tout petit, mais très moderne, en travaux, tandis que l'ancien port indiquè sur les guides est... à vendre. Notre place est minuscule mais nous sommes bien aidés par un Estonien sur son motor-boat, seule personne vivante apparemment dans le coin.

La ville est très ancienne, fondée en 1279, et qui a connu un important essor du fait de la venue des riches Russes de St Petersbourg qui venaient « prendre les eaux » et les bains de boue.

Trompe-l’œil pour camoufler une ruine




Hôtel-spa rénové

Un ancien hôtel particulier

Petite église orthodoxe


chalutiers abandonnés. La Mer est trop loin et devenue trop pauvre
Encore un sauna rien que pour nous, lave-linge moderne en anglais (enfin!), mais cher: 30 euros.

Le lendemain, visite de la vieille ville à vélo, avec les restes des infrastructures russes, et surtout un très beau chateau épiscopal du XIII eme siècle, qui a détenu le pouvoir religieux et séculier pendant 300 ans.


rempart du chateau

superbes fonts baptismaux
 


Plus étonnant, une inscription du Carré de Sator que j'ai connu la première fois quand je lisais Arsène Lupin, il y a un siècle?Nostalgie... cette localisation n'est pas dans Wikipédia.
La scénographie est bien faite, qui nous apprend les histoires-légendes du trésor des évêques, gardé par un chien géant aux yeux grands comme des soucoupes de feu (Conan Doyle, le chien des Baskerville, n'a rien inventé) qui rendait fous de terreur ceux qui osaient fouiller. On ne l'a pas encore retrouvé.

Autre légende belle et atroce en même temps: bravant l'interdiction de faire entrer une femme dans le château, un évêque est tombé amoureux d'une jeune fille, l'a déguisée en garçon pour « le » faire entrer dans la chorale. Las, il ont bientôt été découverts: le moine a été jeté du haut de la plus haute tour, et la jeune fille emmurée vivante dans le baptistère en construction. Depuis, les nuits de pleine lune de aout, on voit la Dame Blanche se refléter dans un des vitraux du baptistère, et on entend des lamentations: symbole de l'amour éternel.

Autres anecdotes savoureuses: le roi et la reine de Suède en visite il y a 300 ans: il est impossible a une femme de « fouler des pieds l'entrée du château », selon la règle en vigueur. Après palabres,la règle a été contournée: la reine est entrée en chaise à porteurs.

Beaucoup moins drôle, lors de la dernière occupation russe, les restes de l'église ont été saccagés et ils ont eu un projet de construire une piscine à l’intérieur...

Pour sortir de notre trou (décidément on doit donner  l’impression d'aimer la difficulté) nous devons faire une petite manœuvre au moteur en avant lente , étrave appuyée au quai en bois pour virer dans un mouchoir.

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