6.5.14

Lubeck 1




L'embouchure de la Trave à Lübeck-Travemünde - Illustration Wikipedia
Mardi 6 de bon matin par temps gris, nous remontons la rivière Trave par des méandres très variés, alternant la Nature sauvage et les quais utilitaires sans transition. Il y a en effet plusieurs ports de déchargements de bateaux mais aussi des plaines tranquilles avec nombreux oiseaux, et au moins 5 petits ports de plaisance dans un bras de rivière, mais trop près du chemin de fer pour nous  intéresser pour un hivernage éventuel.


Petit village et port sur la Trave


Nous arrivons au pont basculant signant l'entrée de la ville. Puis nous continuons vers la Hansa Marina dont nous venons d'apprendre à mots couverts la disparition du propriétaire: pas de réponse au téléphone, et une installation à terre détruite. Par contre il y a toujours eau et électricité au ponton!? Nous allons y rester deux ou 3 jours.
Premier contact: curieux mélange d'histoire XVIème et XIXème siècles


La ville n'apparait qu'au dernier coude de la rivière, sauf  les clochers doubles de l'église Ste Marie.



Derrière nous, le dernier bateau-feu Allemand
Un Bénéteau 21.7 avec une "calèche" comme on dit ici
La visite de la ville est très intéressante, malgré les problèmes articulaires de ma Puce. Nous essayons les chaussures de marche puis le vélo: RAS pendant les visites, mais des suites douloureuses le soir à l’arrêt.



La ville a été détruite par des bombardements alliés en 1942, mais de gros efforts de rénovation ont été faits, en particulier pour les églises.

L'Eglise  Ste Marie se remarque de loin avec ses deux tours de 125 m de haut, et des arcs-boutants de 38,5m.

La Musique, prélude à la Vie Eternelle...
Elle est aussi  impressionnante par une petite chapelle latérale qui a gardé les cloches cassées et fondues par le bombardement,
et aussi une stèle montrant Jean-Sébastien Bach jeune regardant sur l'épaule de son maitre Dietrich Buxtehude, qui était compositeur et organiste. D'ailleurs il y a de nombreux concerts dans cette église, dont une « semaine Buxtehude » cette année. Dehors, une statue de bronze raconte que le Diable surveillait la construction en croyant que ce serait une taverne, qui lui donnerait des clients. Avec sa protection la construction va très vite, jusqu'au moment où il s'aperçoit que ce ne sera pas du tout un lieu de perdition. Il veut la détruire, mais les ouvriers le persuadent de la laisser, en promettant de construire juste à côté une grande taverne, qui existe encore.
Nous voyons aussi des façades de Speichern, i.e anciens greniers (à sel, à grains...), dont beaucoup sont réhabilités en magasins de luxe ou en appartements.

La Cathédrale est encore plus impressionnante.





Fondée en 1137, Détruite elle aussi en partie, elle a été rénovée avec un parti-pris de mêler reconstruction fidèle à l'ancienne et modernisme, avec un superbe vitrail de fond 1963)

, et une séparation vitrée de haut en bas qui permet d'autres activités plus laïques! D'un côté des tombeaux de très anciens évêques et pasteurs, de l'autre des grands Orgues Marcussen de 1970. Au moment de notre passage, L'organiste répétait avec un flûtiste une musique moderne (Fauré?), ajoutant une note étrange à cette église. Le chœur est remarquable aussi par un gigantesque Crucifix triomphal  (1477) évoquant nos jubés bretons.
Et tous ces grands bâtiments sont en briques! Il n'y a pas de pierres.

La ville est entièrement entourée d'eau , et nous avons fait le tour à vélo, mais sous la pluie. Il y aurait encore des musées à voir, mais nous en gardons pour cet hiver.

Bien sûr outre les visites, la vie à bord continue avec son lot de pannes, dont celle de l'antenne WiFi BadBoy qui nous handicape. Finalement après contact avec notre agent commercial et Fils  Julien à St Martin et plusieurs manipulations, il faut réinitialiser l'antenne elle-même par un reset. Hélas, tous les spots ici sont verrouillés. Par contre en ville mon Iphone nous permet de trouver de bons réseaux gratuit, dont un près d'une excellente pâtisserie! Et nous joignons l'utile à l'agréable en envoyant nos messages au monde entier, à tous nos amis, et aussi à mon webmaster préféré qui met en ligne mes textes préparés à bord. Fantastique, de pouvoir recevoir des nouvelles de France, Açores (Eric et Marie-Andrée), Espagne du Sud (Loic et Marie) Angleterre (Clive et Jane, Mike et Sue), Allemagne (Stéphane, Bernd et Nicola, Jörn et Tanya), Danemark (Peter),Suisse (Hans et Danièle), quelle chance!
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Petite digression pour les lecteurs qui croient qu'on peut s'ennuyer en bateau, un principe lu pour la première fois chez Antoine, navigateur-mathématicien. Tout matériel à bord d'un bateau oscille entre deux états:
  • Un état de marche M, instable, précaire, rare, malgré un long entretien.
  • Un état de panne P nettement plus fréquent, très stable
  • Le passage de M à P est aléatoire, inattendu, mais certain et en général au plus mauvais moment (Loi de Murphy)
  • Le passage de P à M consomme  une quantité importante d’énergie
J'en ai la vérification tous les jours. Je me demande même si ce postulat ne s'applique pas en ce moment à ma pauvre Skippette?


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