Les (bons) marins prennent toujours la météo avant de choisir une route, mais pas encore assez souvent les deux autres paramètres : courants et vagues, parfois bien plus dangereux. Un excellent outil est à notre disposition : marc.ifremer, développé pour les côtes françaises
Extrait de la présentation du site : je cite
« Le projet « Modélisation et Analyse pour la Recherche Côtière » rassemble des efforts de démonstration pré-opérationnelle de modèles numériques, afin de servir la communauté des chercheurs pour des applications très diverses. Les modèles mis en œuvre aujourd’hui sont le modèle MARS3D de l’Ifremer (circulation, bio-géochimie et dynamique sédimentaire), et le modèle de vagues WAVEWATCH III développé par un consortium international coordonné par la NOAA. note : [1]
L’objectif principal de MARC est de fournir des rejeux note : [2] réalistes de l’océan côtier et de démontrer les capacités des modèles numériques développées au LOPS.(Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale , unité mobile de recherche associant l’UBO, IFREMER, CNRS et IRD) »
Le site MARC est mis à disposition de l’utilisateur à titre gratuit.
Les informations disponibles sur le site MARC n’ont qu’une valeur indicative.
Elles ne peuvent en aucun cas être perçues ou utilisées, avec une fiabilité absolue, par toute personne morale ou physique exerçant une activité personnelle ou professionnelle.
L’accès au site MARC implique la prise de connaissance et l’acceptation sans réserve de ces mentions d’avertissement.
MARC ne remplace en aucun cas les services de prévisions, de vigilances et d’alertes de Météo-France ni les prédictions de marées du SHOM qui restent les références nationales en la matière. «
Ce site est très utile sur nos côtes, car très précis , gratuit, bilingue français-anglais, ergonomique et simple. Il recèle des trésors !
Pour démarrer, et accéder aux rubriques
Cliquez directement sur l’onglet “ résultats ” ouvrant sur 6 sous-chapitres :
Courants,
vagues,
niveaux de la mer,
température et salinité,
production primaire
turbidité
Pour faire jouer les variables
Seuls
les deux premiers onglets sont les plus importants et utiles pour
nous, navigateurs.
Ils sont bâtis de la même façon ; 4 ou 6 zones générales se déclinant en zones plus petites.
le choix de chaque petite zone ouvre un nouvel écran permettant de définir les modalités de recherche et d’affichage :
la date et l’heure (attention, ici heure légale UTC+1 en hiver), l
Les paramètres d’affichage
et même une possibilité d’une animation sur 1 jour (pour les courants) ou plusieurs (pour les vagues).
On peut aussi revenir en arrière, et choisir une autre date pour réétudier la route choisie.
Pour les courants, deux modèles de calcul sont proposés :
MARS2D (Model for Application at Regional Scale) le 2D étant recalculé toutes les 15 minutes,
MARS3D rajoutant la salinité.
Pour les curieux et/ou les scientifiques, des explications sur les modes de calcul sont données dans l’onglet « comment çà marche »
Je passe sous silence les autres onglets, mais qui valent le coup d’être explorés.
dans la barre d’outils
choisir la rubrique “ courants ”
choisir la famille Modèle MARS3D Manche-Gascogne
Ou tout autre choix de modèle ou de région.
En prenant l’exemple du courant de surface Ouest Bretagne :
On trouve dans les pavés, à droite, le réglage des paramètres d’affichage. De haut en bas :
Le choix des options de courants : surface ou fond
Le choix d’une zone particulière
Le choix de la date et de l’heure.
Par défaut, le programme affiche en heure de Paris, la dernière heure donnée par l’ordinateur
On peut choisir une date ou une heure spécifique pour étudier les valeur d’un projet de route
Réglage des paramètres d’affichage
Zoom + ou Zoom - sur la zone choisie
Définir une zone
Enregistrer un lien vers les paramètres que vous venez de définir
Afficher l’aide
Afficher la carte graphique dans une fenêtre “Pop-Up”
Imprimer cette carte graphique
Réglage et affichage d’options d’animation
On trouve dans le pavé de gauche, l’affichage graphique et le résultat objectivé par des flèches de direction et des couleurs en référence à une échelle des valeurs, ce qui permet pour cet exemple de comprendre pourquoi au jusant on est déporté vers la Grande Vinotière, près du Conquet…
Sous cette carte graphique, une information sur les courants journaliers de surface de cette zone voir note : [5] . pour cet exemple :
Intensité des courants de surface, Moy. : 0,58 m/s (1,12 noeuds)
Intensité des courants de surface, Min. : 0,02 m/s (0,04 noeuds)
Intensité des courants de surface, Max. : 1,77 m/s (3,43 noeuds)
Comparaison d’affichage des courants
|
Marc.Ifremer |
Vu par ScanNav |
OpenWRF Skiron vu par XyGrib |
OpenWRF par OpenCPN |
NDLR :
Les indications de Marc.Ifremer sont les seules à indiquer
clairement le contre courant de la Grande Vinotière, cependant le
support cartographique manque de précision.
Ce ne sont pas
gribs téléchargeables, mais, comme XyGrib des indications et des
aides à a navigation
L’exemple donné par l’auteur pour
ScanNav n’est pas à jour ce qui explique les différences
observées. Ce sont des informations payantes issues du SHOM. XyGrib
et OpenCPN peuvent aussi afficher les courants collectés par le
modèle OpenWRF d’OpenSkiron. Gratuits, l’un comme l’autre,
issus des informations de courants diffusés par Copernicus, XyGrib
offrant l’avantage de pouvoir combiner les données de vent (en
altitude comme au sol) et celles des vagues et du courant ce qui en
fait un outil précieux. OpenCPN permet une bonne visualisation mais,
limité, car il lui manque comme pour ScanNav un module de routage
efficace
En cliquant directement sur l’onglet “résultats”, comme pour la rubrique « courants », on clique sur Vagues, puis sur les options de paramétrage géographiques puis purement graphique. Pour cet exemple en cliquant sur Mer d’Iroise puis la zone du Goulet de Brest à Portsall, suivant ce schéma :
Résultat -> Vagues -> Mer d’Iroise -> Goulet de Brest à Portsall -> données -> hauteur significative des vagues
On
voit clairement la prise en compte de l’abri procuré sous le vent
de l’Archipel, et l’importance de choisir une route confortable,
surtout avec un petit bateau.
D’autre part l’étude de
l’historique, ici possible sur 6 jours, apporte des enseignements
sur la qualité potentielle des mouillages : ceux qui ont
mouillé sous Béniguet ou au Litiri comprendront. Regardez aussi la
baie de Lampaul (Ouessant) qui bien qu’exposée au SW voit la houle
cassée après l’entrée.
Pour comparaison, sous Windy pour les vagues : aucune prise en compte de l’effet de côte, mais le programme n’est pas fait pour çà.
Outre la force et la direction des vagues significatives, on trouve 4 autres données potentielle : La période et la direction des vagues, la hauteur et la direction de la houle primaire, les mouvements et l’agitation des fonds, ce qui donne les 5 exemples suivants :
3 - Applications méditerranéennes
Marc.Ifremer
propose ses modèles pour les côtes méditerranéennes française.
Appuyés sur une définition fine et une relecture des données
bathymétriques, les résultats présentent de l’intérêt pour la
navigation de plaisance. Sans avoir à rencontrer autant de
difficultés que sur le Fromveur, la gestion des courants et...
contre courants n’est pas neutre en Méditerranée, en particulier
s’ils s’opposent au vent. Il faudra vérifier la réalité de ces
prévisions, mais en l’état, c’est une très belle avancée du
point de vue de la sécurité
Ci dessous 5 exemples
significatifs (en particulier pour les abris proposés par
Porquerolles et Port-Cros :
|
Courants Golfe Lion |
Courant Mer Ligure |
Courant Bouches Bonifacio |
Vagues Golfe Lion |
Vagues Porquerolles |
Et une vidéo décrivant les courants du détroit de Bonifacio
http://www.plaisance-pratique.com/IMG/mp4/marc_med.mp4
NDLR : complément d’information pour les courants du golfe du Lion
Modèle MARS3D de Circulation en Méditerranée Nord-occidentale
La partie Nord de la Méditerranée Occidentale est soumise à une circulation dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Un Courant assez puissant de 25 à 50 cm/s) entraîne en surface les eaux moins salées de l’Atlantique (entrées par le détroit de Gibraltar) depuis les côtes de la Corse vers l’Espagne , en longeant le littoral de la côte d’Azur et de la Provence. Ce courant connu sous le nom de courant Liguro-Provençal, de courant Ligure ou de courant Nord est présent toute l’année. Sous l’effet du vent, de l’évaporation, des arrivées de fleuves, du refroidissement ou du réchauffement de la mer, cette circulation « moyenne » peut être perturbée
L’ensemble des mécanismes physiques responsables de ces mouvements peuvent être mis en équations et calculés de manières approchées sur un ordinateur. On parle alors de modèles numériques qui sont capables de calculer en chaque endroit, la vitesse des courants, la température de la mer, la quantité de sel présente dans un litre d’eau de mer etc. .
Comme tout modèle, les modèles numériques ne sont pas parfaits et ne prétendent pas reproduire la réalité à chaque instant à chaque endroit.
Localement, vous trouverez sûrement des différences entre ce que vous observez et ce que le modèle propose. Pourtant, vous verrez rapidement que cette information supplémentaire aide à comprendre et à anticiper les mouvements marins.
[1] C’est le WW3 auquel sont habitués les utilisateur du grib météo générique GFS
[2] Relecture de tout ou partie de l’information géophysique enregistrée voir : http://dictionnaire.sensagent.lepar...
[3] le courant de surface intègre les valeurs des courants océanographiques généraux et ceux de l’effet des marées
[4] les courants de fond intéressent spécialement la Méditerranéehttp://www.ifremer.fr/lobtln/COURANTS/
[5] Les résultats dénommés « journaliers » résultent d’une moyenne sur la journée, ils filtrent ainsi les effets de la marée instantanée et mettent plus en évidence les effets météorologiques notamment sur les courants de surface. https://marc.ifremer.fr/comment_ca_...
Définitions et acronymes
Ifremer : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la MER
Marc : programme numérique pour la "Modélisation et Analyse pour la Recherche Côtière"
Mars : modèle mathématique pour Model for Application at Regional Scale
Lops : Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale
UBO : Universté de Bretagne Occidentale
IRD : Institut de Recherche pour le Développement
NOAA : National Oceanic and Atmospheric Administration
GFS : Global Forecast System Modèle mathématique météo géré par la NOAA
2 commentaires:
Bonjour François et Valérie,
Merci pour ce bon conseil de vérifier les vagues et courants.
Et de nous faire découvrir le site "marc.ifremer" vraiment bien fait et qui a l'air facile à comprendre.
Bon vent,
Jérôme et Stéphanie
Cher Fañch,
merci pour ce post et ce site que je consulte ce jour réfugié à l'Aber-Wrac'h avant de passer le Raz de Sein dès que les conditions le permettront. Et merci pour ton post précédent sur le passage du Raz de Sein. Il y a de plus en plus d'outils incroyables pour faciliter la navigation et cela est très rassurant quand les conditions deviennent limites!
Bon ven à vous et on se voit dans la "Nomadsea" un de ces jours...
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