17.8.20

Particularités des manoeuvres de l'Ovni 445 (et d'autres ovnis!)

MaJ 03/10/2020 
 
Notre bateau a des réactions différentes des quillards et d'autres voiliers, de par ses caractéristiques particulières. Le fait de les appréhender permet de réaliser mieux nos manœuvres de port . Nous avons petit à petit appris à utiliser ces particularités.J'écris çà en réponse à quelques interrogations d'aimables correspondants ,en espérant que cela leur sera utile. On ne parle pas ici des principes applicables à tous les bateaux.

-Le gros fardage, associé au peu de surface mouillée par rapport au poids, impose la prise en compte lors des manœuvres dans les zones ventées. En particulier l'avant a peu de surface mouillée et dérape facilement. Le plan anti-dérive est bien plus faible que sur un quillard!

-L'étrave est très solide , sans peinture ni gel-coat et permet facilement de s'appuyer sur un ponton (en bois!) ou un catway


- l'arrière avec sa plage très près de l'eau facilite les prises de coffres ou de bouées par l'arrière, alors que l'étrave très haute impose des acrobaties...Sur Cybèle Le portique supporte un cordage vertical au milieu, qui sert de poignée pour les manoeuvres arrières et pour les descentes-montées dans l'annexe ++
La poupe est très large: les deux taquets arrières sont donc très utiles pour des manœuvres particulières en utilisant le bras de levier de près de 4 mètres (aussière d'un côté, et taquet de quai de l'autre côté)
-le centre de rotation  (centre de carène) du bateau me semble ètre loin derrière le màt, plutôt devant les safrans. A tenir compte lors de girations serrées: l'arrière peut ne pas passer!

-Le taquet d’embelle au maitre-bau est le plus utile dans les ports:Il est presque au point d'équilibre dont on verra l'utilité plus bas.

-Mon propulseur d’étrave est en puits, son axe de propulsion latérale très bas (> tunnel) très utile aussi pour diriger le bateau en marche arrière. Inconvénient, il faut plus de 10 secondes pour le descendre. Avantage , il avale moins d'algues flottantes par rapport au prop en tunnel . N'est-ce pas, Bélisama?

-les deux safrans rapprochés et verticaux : pratiquement pas d’effet de pas d’hélice (prop walk)

-La marche arrière est très utilisée : on voit mieux les obstacles éventuels, le bateau est "tiré" au lieu d'ètre "poussé" en marche avant. De plus le propulseur guide l'étrave comme un safran.


Préparation

-étude préalable avec guides de navigation et cartes

-systématique :les deux côtés pour les défenses, et les 4 taquets pour les aussières

+ une aussière volante pour le taquet du maitre-bau

-un tour pour rien:analyse des forces en présence : courant, vent, obstacles, mouvements des autres bateaux plaisanciers et professionnelsen particulier les bateaux acier ;-)

-le propulseur allumé en dernier car il ne supporte pas plus de 3 nœuds de vitesse

-sans hésitation mouillage extérieur si gros souci probable

L'amarrage

-Ponton :le premier contact est la cravatte au maitre-bau, lancée comme un lasso sur le taquet ou la bitte (une extrémité amarrée au bateau, l'autre volante). Si le vent porte au quai, elle est fixée immédiatement. Si le vent écarte du quai elle est volontairement laissée longue (plus de 1m) puis le moteur est actionné en marche AV ou AR selon la place disponible, ce qui colle le bateau au ponton. En cas de fort vent écartant, j'aborde le quai en marche arrière, aussière arrière fixée d'abord, puis marche avant + propulseur pour coller au quai.

-catway : en marche AV , jusqu'en butée sur le ponton, puis AV lente et barre vers le catway: on a tout le temps de mettre en place les aussières.En marche  arrière, souvent plus facile,  , on va jusqu'à l'appui sur le fond de l'emplacement  (avec une grosse défense ronde sur la jupe ) .

-quai avec marée : Aussières longues prises sur des taquets du quai le plus loin possible.

-A couple:Je me mets toujours dans le même sens que les autres pour des soucis de confidentialité,mais attention à la position respective des barres de flèches des bateaux! 

Le départ dépend des forces en présence

-vent écartant :larguer tout sauf la dernière et laisser pivoter le bateau

-vent poussant vers le quai : manœuvre sur garde AV (ou AR), ou propulseur  seul, avec une défense boule adéquatement placée. La manoeuvre  sur garde AV est très efficace, du fait du bras de levier (moteur loin du centre de rotation), pousser jusqu’à avoir le bateau à 45° ou +, puis larguer et marche AR. On peut aussi profiter de la grande largeur du tableau AR pour mettre une amarre depuis le tableau AR au vent , et actionner la marche AV. C'est la Spring-sprong des anglais 

Un mot sur l'hélice: il y a une grosse différence entre une tripale fixe et une Maxprop. Cette dernière permet des manoeuvres bien plus efficaces, en particulier en marche arrière. Je l'ai reconnu quand j'ai dù remettre la "vieille " helice fixe pendant le retour usine de ma Maxprop pour réglage ( après 2800 heures) . Voir la page correspondante du blog.Un violent coup de marche arrière est un frein très efficace, ce que ne fait pas bien une tripale fixe.


note: J'aime beaucoup un bon bouquin sur les manoeuvres d'un voilier au moteur , de J.Renouf, aux éditions Vagnon (2005). j'en ai lu bien d'autres peu adaptés à nos coques ou même farfelus.



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