19.8.19

Le passage de Stad



Ce passage correspond à la partie presque la plus ouest de la côte Norvégienne.Le Stadlandet s’avance comme un doigt dans la Mer de Norvège. Il est redouté depuis la nuit des temps : les Vikings n’hésitaient pas à porter leurs navires par dessus le Dragseidet (240m de haut) pour éviter ce passage en cas de mauvais temps. 

remarquez la grande variabilité des profondeurs

ciel chargé habituel

Il est aussi prévu depuis des années de créér un tunnel pour les gros navires, à travers le Stadlandet .Une école de pilotage forme déjà des capitaines à ce périple sous terre. Enfin parfois des convois de petits bateaux sont accompagnés par le RednningSelskapet (homologue Norvègien de la SNSM). 

Le guide Imray signale « it can be a particularly difficult cape to round in bad weather, and can create its own badweather even when conditions in the sounds are gentle. « 
Nous avions passé Stad il y a deux ans à la remontée , au moteur ! Sans vent.
Cette fois-ci, des vents persistants de SE nous avaient fait prendre des précautions.
- Barentswatch prévoyait 1,50 m de creux, malheureusement sans indiquer la période.
-Nous avions choisi le flot (avec un petit marnage), qui s’additionnait au courant général pourtant au nord.
-Vent prévu pour les heures suivantes, SE 15 nœuds (je rajoute toujours 1 degré Beaufort aux GFS), donc venant « de terre », contrôlé par Windy.


-Génois et un ris. Tout amarré sur le pont, vélos rentrés dans le cockpit.

Rien à signaler au début, un peu déventés par la côte, courant contraire. On passe le cap, puis un grain s’annonce. On le salue en passant à la trinquette. Rafales à 20 puis 25 nœuds, burtalement. Un deuxième grain très localisé nous oblige à prendre deux ris de plus et gréer la bastaque au vent, tandis que la mer devient très hachée et se creuse. 30 nœuds. Près bon plein dérive un peu relevée, car le près serré nous arrète avec les vagues.3ème grain énorme, sans visiblilité. La houle de SE arrive,pourtant avec un fetch très court et se mélange avec le courant général pour faire des « crossing waves » de plus en plus courtes. Deux fois on va planter l’étrave, et de l’eau verte va envahir les passavants et la capote. Rafales à 38 noeuds . Un cargo qui allait à 11 nœuds auparavant , doit ralentir à 6.
Nous devons faire un très long bord de près bon plein, pour revirer vers la terre et aller  nous abriter dans la baie de Sildegapet. Le bateau se comporte remarquablement bien, s’ébroue à chaque vague, reste toujours contrôlable malgré la mer forte. La capote et la tente de cockpit résistent bien et sont d’un confort fantastique.
Dès que nous embouquons la baie, le vent se calme!






Nous finissons au moteur dans le mouchoir de poche du tout petit port de Osmundsvåg, sur un vieux quai en bois avec 1,60m de fond… juste fait pour les Ovnis !



Un havre comme on les aime!





Les premiers moustiques de l'année ne résisteront pas à nos spirales odorantes spéciales et ne nous empècheront pas de prendre un apéro mérité sous des trombes d'eau,  alternant avec un beau soleil vespéral.



Ce cormoran a dormi sur sa balise babord sans bouger pendant tout notre diner!


1 commentaire:

S/Y Belisama a dit…

Mais que la tente est belle!