Peu de vent, nous partons de conserve avec Inken, mais par ce petit
temps son bateau est nettement plus rapide que notre camion. Nous allons
plonger dans la vraie Suède, dans un petit port naturel au fond d'un
dédale d'ilots et de cailloux. Il est vraiment difficile de s'y
retrouver, même avec deux cartographies. Finalement je trouve le bon
embranchement, nous rentrons très prudemment dans le trou, avec la
dérive 1/2 sortie, et boum! dans la dérive: un rocher, pendant que l'Ipad
devient fou: je pense que le câble sous-marin enfoui au fond du petit
chenal y est pour quelque chose?? le Raymarine, lui, ne s'affole pas. Je
refais une approche à vue, et on trouve enfin le passage.
Inken et Markus, plus mobiles à la pagaie, accostent le rocher et nous attendent: nous nous mettons à couple d'un énorme caillou !
Et pouvons descendre à terre, y compris Pirate. Il lit sur mon épaule et veut prendre la plume:
« Oh, les amis, si vous saviez ce qu 'ils m'ont fait!! D'habitude, avant d'arriver dans un port, je suis enfermé dans la cabine du capitaine, ou étranglé par un infâme collier avec une laisse! Et cette fois ils me laissent tranquille. Je soulève une paupière et vois des sapins. Je m'approche du bord du bateau, et vois le Paradis. Ils vont sûrement encore me coincer... Et bien non, après une belle manœuvre, ils accostent et me laissent débarquer!
Je les regarde: aucun reproche, pas de cri, je saute et me roule dans la mousse, grimpe aux arbres, joue à cache-cache, avec un œil sur le bateau tout de même. Ils préparent un barbecue, un feu de bois pour écarter les moustiques, et prennent des bières sans s'occuper de moi. Quel paysage: mélange de granite poli par les glaces, de mousse, de sapins et de chênes, de futaies, avec plein d'odeurs fantastiques.
La soirée se prolonge tard autour du feu de bois, la Skippette (qui a peur que je tombe, la pauvre... Je ne suis pas handicapé, moi.) me met la planche pour que je puisse remonter à bord. Mais je veux profiter au maximum. Et quand ils ne voient plus rien, après avoir soigneusement éteint le feu, chacun rentre à son bord. Je suis fatigué d'avoir couru partout, et je rentre aussi. Ils ferment tout, même ma trappe, car les moustiques attaquent. Je rêve toute la nuit de mon aventure .»
Les images ont du mal à décrire nos impressions. Je pense que c'est encore plus beau que le Golfe du Morbihan, qui pour moi était le Centre du Monde.et ce n'est pas fini!
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