version 1.1 02/03/22
A la lumière de nos hivernages ventés , en particulier à Bodø et surtout Hafnarfjörður, un record pour la force du vent et le nombre de tempêtes, quelques réflexions sur nos amarrages.Je serais heureux d'améliorer cette petite note avec l'avis de nos lecteurs! Ceci ne concerne pas les amarrages "normaux" dans les climats "tempérés".
En préalable, une excellente remarque de mon ami Michel, à Riposto: l'anticipation. Voir son commentaire en bas. Comme toujours en mer, un temps d'avance est un gage pour supporter les difficultés qui nous attendent . Donc veille météo systématique , augmentée encore en cas de coup de chien. En Islande un bulletin toutes les 3 heures sur le site local + safetravel + ECMWF.
Le vent continu ne pose en général pas de gros problème, mais ce sont les rafales qui emmagasinent de l'énergie.Le problème : E =1/2mV2. la masse du bateau ne change pas, mais la vitesse acquise dans les rafales est dangereuse et doit ètre amortie. Elle dépend pour une bonne part du fardage.
-Diminuer le fardage: suppression des focs, de l'annexe, et des accessoires non indispensables du pont;y compris parfois la tente . Elle a supporté 60 noeuds, sa solidité n'est pas à démontrer mais elle fatigue le bateau.Je garde parfois la GV difficile à déposer (lattes forcées, bosses...) mais le lazy-bag est saucissonné sur la bôme.Ecarter aussi les drisses du màt diminue le bruit et l'usure, et améliore l'écoulement du vent sur le profil. On voit çà à la neige qui s'accroche sur le màt aux endroits des drisses, et pas ailleurs.
-augmenter l'amortissement des chocs
- défenses rondes et cylindriques. Les rondes peuvent ètre fixées sur le ponton, au ras de l'eau. les cylindriques au maitre bau, fixées haut et au liston, surtout pas aux filières.Je vais essayer la grosse défense gonflable cylindrique de 1 m de long, en horizontal. Pour l'instant, j'ai toujours 14 défenses.
- aussières polyamide ou polyester, tressées ou toronnées, mais ne jamais "recycler" des drisses ou des écoutes! Les noeuds entrainent une perte de solidité considérable (plus de 30% de perte ), je préfère des oeils épissés côté taquet de quai ou éventuellement un tour mort et 2 1/2 clés, mieux qu'un noeud de chaise, parfois indéfaisable (vécu en Finlande...) . La longueur des aussières augmente l'amortissement, puisque c'est un pourcentage d'allongement. (A Hafnarfjörður nous en avons deux de 60m , l'une au quai voisin, l'autre sur un corps-mort en béton ) Hélàs les amarres ont aussi une mémoire, et se fatiguent...Les nôtres vont devoir ètre changées après toutes ces misères, mais il n'y a pas de shipchandler ici, et il en faudra plus de 90m en 16 ou 18...
- Les amortisseurs d'amarres +++caoutchouc plutôt que ressorts métalliques, bruyants et qui rouillent. Un amortisseur avec 3 tours sur un cordage de 16mm peut s'allonger de près de 5cm
- La charge sur les points d'amarrage est énorme. Nos taquets boulonnés et soudés n'ont jamais failli (cross the fingers ! ) . Mais je me réjouis d'en avoir fait ajouter deux à l'avant. Il en faudrait aussi un deuxième sur le tableau arrière.
- A l'intérieur il y aura de gros et brutaux coups de gîte.
Verrouiller les tiroirs et placards
toiles anti-roulis
anti-dérapants partout
cuisinière à cardan uniquement
éteindre le Refleks
Pas de bougies allumées, même s la Skippette les adore!
-autres précautions à l'extérieur
Prévoir un jeu suffisant dans la ligne électrique en cas de gite , voire déconnecter.
Souquer les bastaques, car le bas-étai n'est jamais parfaitement tendu vu les barres de flèche poussantes.
vérifier le débattement du màt à la gite: quai, autres bateaux...
Sur le ponton/quai; des points d'amarrage différents s'ils semblent fragiles.
Attention au ragage: fourrage aux daviers et chaumards, ainsi qu'au quai.
Bulletin météo à jour, et une veille ... Un ouragan ne dure que quelques heures...Attention à la saute de vent au passage de la dépression.
> ceci ne règle pas le crucial problème de l'amarrage au vent d'un quai à pneus... ni d'un quai à fort marnage....
3 commentaires:
Amarrage par gros temps….
Merci du partage, en plus expertisé par des stages "hardcore" ! Peut être un point à développer sur la prévoyance et l’anticipation, véritables éléments de sécurité active. De ce point de vue j’insiste sur le traitement des prévisions sur un PC, qui offrira sa puissance de calcul et de stockage, pour tenir des prévisions en historique et permet de mesurer leur fiabilité.
Se protéger du vent mais aussi de l’état de la mer, l’un comme l’autre peuvent être des dangers pour le grément, ne pas hésiter a doubler l’étais et le pataras, voire les haubans avec des drisses amovible. On a vu çà en Méditerranée orientale avec les medicanes !!! Bien sûr démonter tout ce qui dépasse, si possible poser la bôme à plat pont, démonter toutes la voiles… En bref, limiter toute prise au vent… C’est du bon sens, et mieux vaut anticiper… On peut aussi serrer les fesses (et… on le ferra !!!) mais du point de vue de la sécurité active, c’est illusoire !!!
Merci pour cet article issu d’expérience vécue, et vives les marins bretons !!!
Michel à Riposto (30 nds de vent et grand soleil !!!)
Merci beaucoup Michel. J'ai sùrement oublié encore des choses, le partage est très riche d'enseignements pour tous, et tous les bateaux sont différents.
Pas de quoi, c'est nous qui te remercions. Avec ta permission, je vais faire un article dans les échos du web sur PTP. Michel aka yorük !!!
Enregistrer un commentaire