lundi 11 juillet 2016

Norrbyskär

 Dimanche 11 juillet.
7 heures du matin.On s'arrache difficilement du beau mouillage de Själnöhamn La mer est d'huile:




La morphologie de la côte change encore: elle est toute plate, pleine de roches s'avançant dans le sens nord-sud vers la mer


 Et après un dédale de roches à fleur d'eau, nous arrivons à Norrbyskär, selon les conseils de nos amis . Un ponton pour nous seuls



L'histoire de Norrbyskär mérite d'ètre contée.
Il était une fois un industriel du bois, Frans Kempe, propriétaire de scieries, qui voulait se développer. Il a visité l'ile de Norrbyskär et a tout de suite vu les possibilités de s'y implanter. De plus l'essor de la vapeur remplaçant l'energie des rivières permettait un travail toute l'année.
Il a commencé par bàtir un sytème : les ouvriers doivent vivre près de l'usine, dans de bonnes conditions, pour faire fructifier l'entreprise. Il a donc commencé par bàtir des maisons , certaines en bois et d'autres en briques, selon les plans d'un architecte Américain. Les maisons devaient pouvoir ètre partagées par 4 familles. Les plans d'urbanisme sont très raisonnés. Confort : les maisons sont équipées d'électricité avant beaucoup de villes suédoises.Des jardins attenants permettaient des potagers . On trouvait aussi une école, une chapelle, diverses activités sociales, infirmière, sage-femme, bains. Etaient prévus la retraite, les indemnités maladies...Etaient interdits le tabac et l'alcool, ainsi que , au début, le syndicalisme et autres mouvements ouvriers.Kempe voulait construire une société idéale.



une longue allée, maisons à gauche et jardins à droite

L'usine a ensuite été construite, avec méthode : ports pour débarquer les bois, triage du bois flotté, sciage par machines à vapeur, évacuation de la sciure par téléphérique, séchage des planches, traitements antifongiques, chargements sur des barges qui accostaient sur les gros bateaux mouillés dans les rades, et qui ensuite partaient dans le monde entier. Ces bateaux arrivaient lestés non pas avec des pierres mais avec de la bonne terre, qui ensuite était déchargée sur les iles, apportant une variété de végétation.
Comme il ne reste rien, le Musée a construit un beau diorama qui explique bien les plans
triage des bois flottés

séchage après sciage




embarquements . La rade est  profonde à cet endroit, mais les capitaines devaient ètre habiles pour y arriver!



Divers métiers se sont rajoutés, cordonnier, tissage, …
Les enfants travaillaient aussi , à partir de la fin de l'école, soit à 13 ans.Les ouvriers étaient assez bien payés pour l'époque.Mais en 1919 un syndicat de travailleurs est né.

L'entreprise MoDo (du nom de la première scierie de Kempe) a fonctionné pendant au moins 50 ans. En 1920, 1400 personnes travaillaient sur l'ile.Progressivement elle est devenue moins rentable, du fait des côuts de transport, et elle a commencé à péricliter.La vapeur a été remplacée par l'électricité.Certaines infrastructures (rails, machines..) ont été transférées sur le continent. L'usine a fermé en 1954 et presque tout a été démoli.Les héritiers se sont disputé la fortune.

De nos jours, que reste-t'il : les maisons sont des « summer cottages » pour les Suédois. On essaie aussi de dynamiser le site avec le  Musée, intéressant. On voit encore quelques appontements 




Dans certaines zones on sent le sol très meuble : ce n'est que de la sciure recouverte de terre.La végétation se rattrappe en mangeant tout le territoire, Mais il y a aussi un problème de dépollution à résoudre, car on trouve de la Dioxine (composant servant à traiter les planches).

vestiges du bowling tout en bois

 
le "port" actuel , protégé mais sortir à pied des pontons est délicat




la Nature reprend ses droits

 Maintenant l'ile est habitée seulement en été , et visitée par les touristes...


1 commentaire:

Eric MALINGUE a dit…

Bonsoir François et Valérie
Comme tu nous le disais la semaine dernière, le monde est petit.
Nous avons fait cet après midi la connaissance de Basile et de ses parents dans le carré de Maui.
Nous connaissions déjà ces grands parents paternels et maternels
Bonne navigation
Eric et Anté